Château cargo
Château cargo
Résumé de ma précédente traversée en cargo :
Le 24 octobre 2008 j'ai embarqué à Fos/Mer sur le LONDON SENATOR, un porte-conteneurs, destination New York. 15 jours de traversée pour « voir »....
Depuis longtemps, je rêvais de ce genre de voyage « entre parenthèse » et j'attendais d'être à la retraite pour le concrétiser.
Pourquoi? me direz vous. Rien à fuir. Bien au contraire. Je me considère comme quelqu'un de privilégié : 2 enfants que j'aime profondément, un Homme avec qui je partage les bons moments de la vie, une sœur et un frère, certes éloignés les uns des autres mais proches par le cœur, peu d'amis mais sincères, et quatre sous d'économies qui me permettent de réaliser mes envies.
Cette envie de voyage, il faut la chercher dans les récits que papa, en vrai breton qu'il était, nous faisait de ses croisières lorsqu'il travaillait à la Transatlantique à Panama, dans les années 30. De son coup de foudre pour maman qu'il rencontra à l'ambassade de France à Caracas lors d'un de ses voyages et qu'il épousa 3 mois plus tard.
Et c'est ensemble qu'ils vécurent, avec des hauts et des bas, jusqu'en 1997 date à laquelle ils décidèrent de quitter ce monde en 8 jours d'intervalle chacun.
Leur cendres reposent au large du phare des Pierres Noires en mer d'Iroise, près de l'île de Molène. Non seulement la mer me fascine et je la respecte comme une grande dame qu'elle est. De plus, lorsque je suis sur elle, je me persuade que mes parents sont là, tous proches.
J'ai donc embarqué sans états d'âme, heureuse de vivre cette expérience d'isolement dans un milieu de marins, non pas hostiles, mais où j'étais bien consciente de n'être que de passage et où je devais me faire discrète.....ce qui me convenait parfaitement.
1er mars 2009 :
Dans 12 jours je m'envole vers New York afin d'embarquer sur le CSAV HAMBURGO. Encore un porte conteneurs....Oui, j'ai pris goût à ces voyages hors du temps, sans radio, sans télé, où la contemplation de la mer m'enchante.
Cette fois ci la traversée va durer 42 jours, New York/Chili aller et retour, avec beaucoup d'escales : Baltimore, Charleston, Les Everglades, Cartagena,Manzanillo au Panama, Guayaquil, Callao, San Antonio et San Vincente............et bien sûr Le Canal du Panama, qui devrait être un moment fort de cette traversée et où je penserai plus particulièrement à papa qui y a vécu dans les années 30.
12 mars
Pour commencer mon voyage, la chance me sourit. En effet, j'ai bénéficié d'un sur classement dans l'avion et j'ai fait le voyage en classe affaire. Question confort, il y a pas photo!
Par contre; partie avec un bon rhume, arrivée avec un bon rhume...et aphone!
13 mars :
J'ai la confirmation du départ pour le lundi 16. Reste l'heure à préciser.
Ce matin j'ai voulu sortir avec Jackie. J'ai vite déchanté : gla, gla.....Je vais être raisonnable et rester à l'appart.
14 mars :
Sortie familiale vers Chinatown avec repas, chinois bien sûr, dans un immense resto. où les serveuses passent régulièrement avec des chariots garnis de toutes sortes de plats. Il n'y a plus qu'à choisir. Le spectacle final valait son pesant d'or : juste avant la fermeture ( 15h) tous les serveurs se ruent comme des piranhas sur les chariots pour se servir. En quelques minutes il n'y avait plus rien.
Ensuite nous avons traversé les quartiers de la P'tite Italie et de Soho que j'ai bien aimé.
15 mars :
Repas familial dans un resto. italien : très bon. Pour digérer, grande marche dans Central Park où le spectacle est permanent. Petit aperçu du Metropolitan Museum car nous sommes arrivées 5 minutes avant la fermeture.
16 mars : Le grand départ!!!
A 10h j'ai appelé l'agent portuaire, Fernando Plata. Toujours aussi charmant...et surtout parlant espagnol....Il me confirme l'embarquement pour 20h environs. Ça se précise....
A 19h30 Hermann est venu me chercher pour m'amener au port. Il voulait voir « la bête » de prés; et par chance il a eu l'autorisation de monter à bord et de venir voir ma cabine.
J'ai parlé avec un passager allemand qui vient de faire le périple et qui quitte le cargo dans la nuit. Il ne m'a pas laissé beaucoup d'espoirs pour les descentes aux escales....ya veremos....Il n'en est pas a sa première traversée en cargo : les Caraïbes sur un bananier, Italie/Brésil sur un porte conteneurs, et peux-être d'autres qu'il ne m'a pas énumérées.
23h : je vais aller me coucher pour me lever tôt demain matin. Pas question de rater la sortie de New York!
17 mars :
6h a.m : Nous quittons N.Y. dans les brumes matinales. Un peu tôt pour le lever de soleil qui pourtant n'est pas loin. C'est beau quand même. Il fait très froid.....
Dès que le cargo prend de la vitesse ça commence à bouger et avec mon rhume, c'est pas terrible. Le château tremble et vibre . Je reste tranquille sur mon lit et vers midi je prends un suppo. Primperan à titre préventif.
Déjeuner très moyen : soupe avec morceaux de poulet – saumon avec légumes – tout ça très fade. Le cuistot n'aura pas une médaille......
A 1h p.m. Informations « sécurité ». Je n'avais qu'une envie : aller me coucher! C'était pas la grande forme.
Aux Everglades, prochaine escale en Floride, 3 autres passagers monteront à bord. Attendons de voir....
Au dîner : fricassée,qui n'en avait que le nom, de poulet ( restes de midi ) avec riz « en nage ». Je mange sans appétit.....à savoir pourquoi?.....
Au repas je parle un peu avec le soudeur, sympa. Quand au capitaine, je n'ai fait que le croiser dans les escaliers pour l'instant. Souriant.
A 8h j'etais au lit!
En résumé : mise en route difficile. J'espère que je vais m'habituer aux vibrations du château...et à la cuisine du « chef ».....heureusement que j'ai mes oranges achetées à N.Y. et que je mange avec plaisir avant le p'tit déj. en pensant à Jacq. Pourvu que je puisse descendre aux Everglades pour en acheter d'autres.
18 mars :
6h a.m : arrivons à Baltimore dans le brouillard total!
J'ai bien dormi.
Le chef m'a préparé un steak haché « à sa façon » mais c'est toujours mieux que son steak nageant dans sa sauce.... Il est écrit que je ne vais pas beaucoup grossir durant ce voyage.
6h p.m : départ de Baltimore
19 mars :
Bien que couchée à 21h, j'ai du mal à me lever. Mal de tête. La douche n'y fera rien, donc je me recouche sans aller prendre le p'tit déj.
Midi : je remets le DVD « Les Soprano » au capitaine....pour l'offrir à l'équipage.
Au menu : escalope pannée + glace à l'ananas avec chantilly! Ce soir il y a des spaghetti bolognaises. C'est la fête!
20 mars :
6h a.m : arrivée à Charleston;
8h30 a.m : je descend à terre et me précipite au « Seamanns Mission » pour vous envoyer un mail avec l'espoir que vous y répondrez avant 15h pour que je puisse les lire.
J'en profite pour demander un tube de crème à lèvres. Un charmant monsieur me propose de m'en rapporter un de la ville. A midi je les avait sur ma table; mais choc : 27$ les 3 tubes!!! ( conditionnés par 3) J'ai le sentiment désagréable de m'être fait « entuber »( ouaf, ouaf,).
Je me console en admirant le ballet des dauphins au pied du cargo.
Midi : saumon grillé (ouf) avec purée maison, faite par bibi
15h : retour au Seamans etc...: super, vous m'avez tous répondu! Qu'est ce que ça m'a fait plaisir de vous lire. Tout d'un coup je me sentais moins seule ( snif, snif,)
Ca, plus ma séance bronzette m'ont remonté le moral à bloc. La vie est belle....
Dîner : très correct. Salade de choux et carottes comme celle de Jacq. Morceaux de viande (laquelle?) sauce un peu piquante avec riz.
Pour fêter cette belle journée je bois ma 1ère bière, achetée à N.Y., tout en vous écrivant et j'écoute le disque « Breakfast at Tiffany's » offert par ma p'tite soeur chérie.
Ah, si les 38 jours qui m'attendent pouvaient être semblables.....!
18h : nous quittons Charleston
21 mars :
18h : arrivée aux Everglades sous une pluie battante. Dommage car l'entrée au port est intéressante : nous frôlons la plage, des immeubles, et de belles maisons à quelques mètres. Et nous croisons des bateaux de croisières tous plus gros les uns que les autres. J'ai pris quelques photo depuis le bridge et suis rentrée trempée dans ma cabine....Cette nuit je ne serai pas bercée par le doux roulis
22 mars :
7h : départ des Everglades. Au p'tit déj. ai fait la connaissance de Sandra, une belle américaine de mon âge environs. L'an dernier elle a fait le tour du monde en cargo et s'apprête à le refaire l'année prochaine. Encore une mordue.....Elle a vécu, entr'autres, 6 ans à Bruxelles et elle parle un peu le français. Elle avait une maison de vacances, près de Castres, qu'elle a vendu en 2005! Les repas sont tout de suite plus animés!
Nous naviguons dans les Caraïbes! Au loin, les Bahamas, Berry Island
Dîner : je fais la connaissance du couple britanique, Jeanette et Roger,qui ne descendent qu'au repas du soir....Ils vivent à Malte et en sont à leur 16ème traversée en cargo! Ils ont aussi vécu quelques années dans le sud de la France, près de Aix en Provence. Me voilà donc, un peu, sauvée question conversations...
23 mars :
Ce soir, soirée « barbecue ». Tous en parlent avec excitation.
Vers 17h nous longeons les côtes de Cuba. Le ciel est couvert, nous ne voyons pas bien les reliefs.
18h : THE fameuse soirée barbecue. Un superbe cochon attend nos coups de fourchette, ainsi que calamars, saucisses, steaks, poulet.....Très appétissant....
Tout l'équipage est là; c'est bon enfant.
Bien sûr, on a eu droit au karaoké. Visiblement, certains connaissent le répertoire par cœur et Sandra n'était pas la dernière à y participer. Philippe, notre steward, est drôle. Il chante comme une casserole mais avec beaucoup d'enthousiasme. Quand on lui raconte quelque chose il s'extasie en disant « ouaou » à chaque fois..!
Tout ce petit monde carbure sec à la bière, au rhum ou à la vodka.
Le capitaine et Karl se sont mis au vin rouge chilien en singeant notre façon de déguster le vin. En attendant ils ont dû se siffler 4 bouteilles. Je pense qu'ils ne vont pas être frais demain matin. Ils en arrivaient,presque, à parler en français!!!
Le polonais à voulu faire des travaux d'approche. Mal lui en a pris! Il faut dire que l'expression « sou comme un polonais » s'est vérifiée. Il avait dû se siffler au moins une ½ bouteille de vodka....Le capitaine, qui a l'œil sur son équipage, à vu qu'il commençait à m'agacer, lui a dit quelque chose en anglais et du coup il est parti. Ouf!
Bon, en tous cas, très bonne soirée avec un superbe coucher de soleil en toile de fond.
Comme je n'étais pas la dernière à boire, j'ai eu mal aux cheveux durant la nuit.
24 mars :
On avance nos montres d'une heure.
Si j'ai bien compris, nous devrions arriver à Cartagena la nuit prochaine....et la mer devrait secouer pas mal. Aie, aie, aie....Je vais prendre du Primperan à titre préventif...en espérant que ça marche...
Sandra m'a bien fait rire en me disant qu'elle a entendu une conversation entre le capitaine et le soudeur où il est question qu'ils prévoient de faire une sortie nocturne dans les quartiers chauds de Guayaquil....
25 mars :
6h : arrivons à Cartagena
9h30 : Sandra, Janet , Roger son mari et moi descendons du cargo. Oh surprise : de superbes massifs de bougainvilliers sur les quais.
A la sortie du port les taxis se ruent sur nous. Prix annoncé : 20$ négocié 5$. Nous sommes serrés comme des sardines. Je monte à l'avant avec le chauffeur et son acolyte qui me dit « que soy flaquita »( maigre, pour les ignares). Même si ce n'est pas vrai, ça me fait plaisir....
Il nous dépose dans la cité fortifiée, près de la Plaza Santo Domingo.
Janet et Roger vont de leur coté ( ils sont un peu spéciaux quand même.....des anglais dirait André) et Sandra et moi recherchons en priorité un cyber café pour écrire nos mails.
Nous avons visité la ville sous un bon cagnard, mais c'était bon de pouvoir se dégourdir les jambes.
En prévision de « La Semana Santa » il y a beaucoup de marchants ambulants de fruits : ciruelas, aguagates, guanabanas ( énormes) cambures, fresas, noix de coco, patillas, melones, et autres que je ne connais pas. Mais pas de « granadillas » en vue....
Je commençais à désespérer et puis nous sommes entrées dans une superette et, oh bonheur, il y en avait!
Plaza de los dulces, j'ai trouvé des bocadillos de guayaba
La Plaza Bolivar, me fait tout à fait penser à celle de Caracas. Nous pensions visiter le « Palacio de la Inquisicion » mais le prix de l'entrée nous en a dissuadées ( 8$/pers) d'autant que nous ne disposions pas de trop de temps.
Vers 13h, n'en pouvant plus de marcher sous la chaleur, avons trouvé un resto. local, sans prétention. J'avais plus soif que faim : comme elle était bonne la bière!!!
Nous nous étions fixé r.d.v avec le couple à 15h30 pour le retour au port.
Auparavant, je suis retournée au cyber café pour lire, avec bonheur, vos réponses qui m'attendaient.
Dès retour au port, on nous a dit qu'il était temps car nous repartions plus tôt que prévu. Effectivement, 1/2h après nous quittions le port.
Au dîner j'ai mangé « una arepa con queso » que j'avais acheté à un marchand ambulant.
A ce sujet, et comme toute ville touristique qui se respecte, nous avons été TRES sollicitées, mais sans trop d'insistance, par toute sorte de vendeurs, surtout pour rentrer dans les bijouteries « voir » les fameuses émeraudes de Colombie....Nous n'avons pas craqué.
Voilà une journée * * * *
A 19h30 sommes allées au bar du cargo. Sandra s'est apporté son gin et moi la bière. Le cap. et 4 autres matelots s'y trouvaient déjà en train de faire leur tournées. Ils comptent aller jusqu'à 10 bières chacun! Je me suis arrêtée à 2 ( plus raisonnable, non?)
Sandra est très drôle. Elle nous a expliquée qu'elle a travaillé durant 25 ans en association avec le FBI et fait part des difficultés rencontrées avec les divers organisations policières. Philip, notre steward, qui visiblement adore les séries policières, était tout excité...
22h30 : je monte me coucher.
26 mars :
Au p'tit déj. Sandra me dit qu'elle est montée se coucher à minuit, et que la tournée continuait encore! Bjorn, le cadet ( 21ans?) dormait littéralement! Elle m'a dit que le cap. a 35ans! C'est jeune pour un cap.
Je vous parle beaucoup de boissons. Rassurez vous, dans la journée ils sont « clean » et le bateau marche droit!
9h : nous ancrons au large de Manzanillo. Une trentaine de bateaux de toute sorte, attendent comme nous de passer le canal.
Si j'ai bien compris, nous arrivons à quai vers 19h et pourrons descendre un petit moment.
19h30 : descendons au port « a la casa marina » d'où je peux vous envoyer des mails avec mon ordi. Je suis plus à l'aise avec mon clavier.
Nous aurions pu aller jusqu'à Colon, mais pour peu de temps et de plus nous étions un peu fatigués.
Donc, retour au cargo à 20h30.
Demain, une grande journée s'annonce : La traversée du Canal du Panama.
27 mars :
9h30 : Tous les 4 sur le bridge pour assister aux manœuvres.
11h environs :Nous entrons dans la 1ère écluse. Je ne vous cacherai pas que j'étais un peu émue. J'imaginais papa faisant ce même trajet il y a plus de 80 ans. Pour fêter ça je décapsule une bouteille de bière!
L'organisation est remarquable. C'est curieux de voir les autres cargo devant nous à des niveaux plus élevés.
Devant la 1ère écluse, une passerelle pour les voitures qui se rétracte dès l'ouverture de l'écluse. Roger ne me croit pas lorsque je lui dit que des véhicules circulent devant l'écluse!
Les « pilots » ( petites locomotives ) nous guident de part et d'autre afin de nous maintenir au centre de l'écluse.
Autour de nous j'admire la végétation luxuriante et d'immenses oiseaux -- albatros peux être,-- et vautours aux envergures impressionnantes.
14h : nous sommes dans le lac Gatùn. Ah mes enfants! Que c'est beau! Les photos ne vous décriront pas tout ce que j'observe, mais croyez moi, rien que pour ça je ne regretterai pas ce voyage.
Nous restons des heures à contempler avec petites coupures dans la cabine pour se rafraîchir car il fait très très chaud.
17h : nous arrivons à la 1ère écluse coté Pacifique. Entre temps, la végétation à changé. Un peu comme lorsqu'on va vers Cata mais dans le sens inverse.
Les travaux pour la voie supplémentaire sont en cours. On voit des barges qui désensablent et dynamitent pour creuser. D'après le pilote panaméen avec qui j'ai discuté...en espagnol bien sûr, les travaux devraient être finis dans 7 ans.
20h : nous passons sous « el puente de las Américas ». La fameuse route qui est sensée partir de l'Alaska jusqu'au Chili mais qui s'arrête, semble t'il, au Panama.
Au large les lumières de Panama avec ses gratte-ciel. J'aurais bien aimé la visiter. Dommage que mon appareil photo ne soit pas assez puissant pour capter les lumières de la nuit.
Le pilote, m'a dit que beaucoup de vénézueliens venaient s'y installer à cause de Chavés.....une idée à creuser mon Claudinet?....
21h : nous voilà sur le Pacifique! Je rentre dans ma cabine pour visualiser les photos.
Ah, j'allais oublier : bon repas avec goulasch et macaroni....et vin rouge californien apporté par Sandra. Ça méritait d'être dit. Cela dit, toujours pas de desserts à l'horizon.....
Encore une journée * * * * *
28 mars :
Pour l'instant le Pacifique ressemble comme 2 gouttes d'eau ( ouaf, ouaf,) à l'Atlantique.
J'ai hâte de passer l'équateur pour vérifier la théorie de l'eau dans le lavabo qui tourne dans l'autre sens.....
Cet aprèm. je suis allée à la proue du bateau : vue imprenable sur la mer. Super! Manque de bol, j'ai raté le passage des dauphins 1h avant!
Au dîner : poulet à la provençale. Pas mauvais. Ça rattrape le déjeuner où je me suis fait un semblant de croque monsieur .....
Journée **
29 mars :
Dans la nuit nous avons passé la ligne de l'équateur : je n'ai rien senti.........!
Je me fais la couleur : entre l'air marin et le soleil, j'ai l'impression d'avoir de l'herbe sur la tête.
17h : nous entrons dans l'embouchure du fleuve Guayas qui va nous mener à Guayaquil. Oiseaux noirs avec poitrine blanche, très grands : los piqueros.
4 pilotes armés montent à bord. Il semblerait que la remontée du fleuve soit dangereuse à cause des pirates qui veulent s'en prendre aux marchandises qu'il y a dans les conteneurs.
Nous arrivons à Guayaquil dans la nuit.
30 mars :
9h30 : départ pour visiter Guayaquil. Un membre du port se propose de nous amener en ville ( 10km environs). Sa voiture, si on peut appeler ça une voiture, est pourrie de pourrie : les portières s'ouvrent toutes seules, pas de compteur de vitesse...et j'en passe. Quand je pense que Claude était inquiet lorsque nous avions loué une voiture à Margarita! C'était une Roll's à coté de celle là! Mais bon; il a été sympa et pour 10 $ la course on s'en sortait bien....du moins s'est ce que nous pensions.
Guayaquil comporte 3 millions d'habitants. C'est la plus grande ville de l'Equateur.
Nous avons cherché désespérément, bien qu'ayant une adresse, « Le Museo Arqueologico del Banco del Pacifico »qui visiblement n'existe plus! Chaque fois que nous demandions, on nous expédiait d'un autre coté. Toujours avec le sourire et très gentiment....
En désespoir de cause on s'est rabattues sur une « pinte » de jus de goyave et « un batido con leche de piña » On n'a pas pu finir...
J'ai mangé « un cebiche de camarones », pas aussi bon que celui que fait l'amie de Ida et Claude. Et les crevettes étaient cuites. A coté de notre table : un français qui vit à Guayaquil et qui a vécu au Venezuela dans les années 70. A plusieurs reprises le nom de Chavés à été cité mais je n'ai pas pu entendre ce qu'ils en disaient.
Après vous avoir envoyé le mail, nous avons marché le long du Malecon, sous un bon cagnard.
18h : retour au bateau, douche, repas léger.....
Journée ***
31 mars :
Le jus de fruit d'hier ou la chaleur, ou les 2 conjugués ne m'ont pas réussi. Nuit agitée entre mon lit et les wc.....Donc, traitement de fond.....et repas léger. Plus léger que d'habitude...et il faut le faire!
16h : nous venons d'apprendre que nous ne ferons pas escale à Callao ( non Jacq. ce n'est pas un poisson d'avril ) et que nous allons directement à San Antonio. Ça me désole de ne pas pouvoir avertir Nina, l'amie de Jacq. qui vit à Lima, et qui risque d'attendre mon coup de fil.
Le temps s'est rafraichi et nous voguons dans le brouillard total.
1er avril :
Nous devrions arriver à San Antonio le 6 avril : 6 jours de mer sans escale. Ce sera la 1ère fois.
La mer est calme. Je crois que je ne vais pas avoir grand chose à raconter durant ces 6 jours.
Ce soir un des membres de l'équipage fête son anniversaire auquel il a convié tout le monde. Je les abandonne vers 20h30 car j'ai mal à la tête.
3 avril :
Cette nuit nous avons avancé d'une heure....et comme on ne le savait pas, Sandra et moi, on a fait tintin pour le p'tit déj.!
A part ça, r.a.s. Le climat se rafraichit. Les journées s'écoulent lentement. L' équipage en profite pour faire du grand ménage et des réparations. Le cargo en a grand besoin, il commence à se faire vieux...
5 avril :
Depuis 3h ce matin nous ancrons au large de San Antonio au Chili....pour une arrivée à quai prévue tôt demain matin.
Le ciel est sans nuages mais il y a un bon petit zef qui fait moutonner la mer. A propos d'animaux, on risque de voir des lions de mer.
Janet et Roger nous quittent ici. Ils vont passer un mois à Santiago avec l'espoir de trouver un cargo qui les amène à Buenos Aires en passant par le Détroit de Magellan.
C'est un couple sympathique avec une philosophie pour le moins curieuse : Ils voyagent beaucoup, leur domiciliation est à Malte où ils vivent à l'hôtel. Tous leurs biens contiennent dans 4 valises qu'ils transportent partout. Dans une des valises, une cuisine ambulante avec réchaud électrique, assiettes, couverts, nourriture, etc.....
Nouvelle race de nomades Je verrais bien Gilles dans la même tribu quoique plus compliqué avec tous ses instruments de musique.
Je ne m'étonne plus qu'ils ne descendent que pour dîner, et encore......
Un jour elle nous a bien fait rire en nous racontant que lorsqu'ils étaient en France, à quelqu'un qui éternuait,au lieu de dire « que Dieu vous bénisse », l'équivalent anglais de notre « à tes souhaits » elle a dit « baume de Venise ».!
Demain nous ferons la connaissance des suisses allemands qui vont les remplacer à bord.
Aujourd'hui, je suis à mi parcours de ma traversée.
Au début, ça me paraissait long, maintenant, je me suis habituée à ce rythme lent.
Bon; ce n'est pas pour autant que je ne vais pas être très heureuse de retrouver mon monde des« terriens ».
6 avril :
Ah, quelle belle journée!
Après vous avoir envoyé mon long mail nous avons visité San Antonio qui est un joli port de pêche, sous une température clémente ( c'est le début de l'automne). La côte est découpée comme en Bretagne.
Après un bon déjeuner : empanada de camaron y queso, cebiche, merluza à la plancha, accompagné d'un vin blanc chilien sec nous avons fait quelques courses dans un supermarché qui n'avait rien à envier aux nôtres. Et toujours des gens très aimables partout.....même l'agent portuaire qui guettait notre retour pour savoir si tout s'était bien passé!
Il n'y a pas a dire : la pratique de la langue aide considérablement.
16h : retour au bateau.....douche....et bière bien fraîche.
Je pourrais sauter le dîner mais je veux voir la tête des nouveaux passagers.
Journée * * * *
7 avril :
Nouveaux passagers : Susann et Renato. Je ne suis pas certaine que nous sympathiserons beaucoup avec eux....mais je peux me tromper. De premier abord, ils paraissent un peu froids.
Arrivée à San Vincenti. A 17h nous descendons à quai et prenons le bus n°80 « Las Galaxias ». qui nous mène, après ½ heure, vers Talcahuano au Mall. Nous pensions qu'il s'agissait du centre ville.
En fait c'est un immense centre commercial, comme les aime Patrice, très moderne. Nous y avons trouvé 4 DVD Karaoké pour offrir à l'équipage ( ils adorent ça ) et, oh bonheur, « una churrasqueria »( l'équivalent de la chaîne L'Entrecôte) où j'ai dégusté une pièce de bœuf bien saignante et tendre = excellentissime!!! Accompagnée d'un pisco sour (alcool tiré du cactus, je crois )...bien frais.
Le Chili, contrairement aux autres pays visités, paraît plus riche. Nombreuses universités modernes, infrastructures routières en bon état...voitures récentes. Pas vu une seule « casserole »!
Retour au bateau à 20h30 pour 5 jours de mer jusqu'à Callao.
Journée * * * *
8 avril :
Avez vous déjà essayé de prendre une douche dans un bateau qui « roule »?
C'est tout une aventure! Avec une main je me tiens à la barre pendant que l'autre essai de mettre le shampoing sur la tête. Idem pour le savonnage, sauf que bien sûr, le savon tombe par terre, qu'il faut lâcher la barre pour le ramasser et que juste à ce moment là, vlan, un bon coup de roulis et je me retrouve assise dans la douche. Geste prudent, s'il en est, pour éviter de me retrouver éjectée hors de la douche....Intéressant.....
Tout ça pour vous dire que la mer bouge un tantinet.
Ce soir, Francis, un des philippins fête ses 26 ans auquel tout le monde est convié. Il y a le capitaine ...et sa cour. C'est vrai « qu'il se la joue »....
Sandra et moi en profitons pour leur offrir les 4 DVD de Karaoké qui sont accueillis avec plaisir.
Il y en a 2 en particuliers avec des airs d'Elvis Presley et de Frank Sinatra que j'aime bien. Et, tout compte fait, c'est pas mal pour apprendre l'anglais.
Nous voilà donc partis pour la chansonnette. A 22h j'ai salué la compagnie....qui a prolongé la soirée jusqu'à 2h du matin avec moultes bières et rhum/coca......!
10 avril :
R.à.s. Nous devrions atteindre les côtes de Callao demain dans la soirée.
Le climat se réchauffe. Nous avons aperçu au loin un banc de dauphins.
Au déjeuner : un excellent filet de poisson!
A 20h, Bjord nous a convié, au bar, à voir 3 documentaires sur les cargo : l'un sur leur conception,
l'autre sur les femmes employées sur les cargo, semble t'il, de plus en plus nombreuses et le dernier sur « la vague géante » que j'avais déjà vu à Thalassa. Pendant les 2 premiers reportages ces messieurs rigolaient, mais au dernier = grand silence....Il faut dire que c'est extrêmement impressionnant. Après ça, il fallait bien un « pisco sour » pour se remettre de l'émotion...
11 avril :
15h, nous ancrons au large de Callao dans le brouillard total. Ce brouillard est apelé « garùa », résultat de la rencontre entre le courant froid d'Humboldt et le courant chaud d'El Niño.
J'observe de nombreux oiseaux : les noirs au cou blanc qui plongent à le verticale, ceux qui volent en frôlant la mer, les pélicans qui rasent la mer et dont le bout des ailes touche l'eau comme le trimaran qui vole et ceux qui volent en formation. Dommage que je ne connaisse pas leur nom.
Autour de nous, plus d'une vingtaine d'autres cargo qui attendent aussi leur tour. Normalement nous devrions être à quai demain vers 15h.
12 avril :
Dimanche de Pâques. Bjord a décoré quelques œufs. Il m'en a offert un que je vais emporter comme souvenir.
Nous n'arriverons à quai,que cette nuit,vers 2h du matin.
Les philippins sont en majorité catholiques. Sebi, qui en fait partie et qui est très pratiquant à essayé de me convaincre.....et surtout de convaincre mes enfants d'avoir des petits pour assurer, moralement, leurs vieux jours! Il a peut-être raison, mais tâche dure, dure, n'est ce pas mes chéris....?
Bien que w.e de Pâques ils travaillent à bord.
Leur contrat est de 10 mois en mer! C'est tout de même très long. D'autant qu'ils sont presque tous mariés avec des enfants. J'espère, pour eux, que le jeu en vaut la chandelle.
A midi : tournedos/frites ( fraîches...) + cake + glace avec chantilly. Si ça pouvait être comme ça plus souvent.....
13 avril :
6h : Arrivés au port de Callao
8h : J'appelle Nina, très sympa et qui attendait mon appel. Elle vient nous chercher, Sandra et moi, à 10h.
Nous avons toute la journée devant nous, puisque nous repartons dans 24h.
En les attendant à l'entrée du port, je papote avec un policier ( je déteins sur André!)
A 10h nous voyons arriver Nina, Julio et Nina 2 (la nièce) qui est guide touristique.....
Que je vous raconte cette journée mémorable :
Nina 2 nous a fait voir les vieux quartiers de Callao avec ses maisons aux murs en canis et terre mélangée; la plage « des pirates » en galets à Chucuito où nous avons dégusté « una cremolada a la guanabana» sorte de « raspado » ( glace pilée + jus d fruit naturel); « La Punta »et ses belles maisons résidentielles colorées; en face « la isla San Lorenzo » où le président à sa maison de villégiature.
Ensuite nous avons longé la côte avec de belles plages qui donnaient envie d'aller faire trempette, avant de rentrer dans Lima.
Lima et ses 8 millions d'habitants, ses maisons coloniales aux balcons fermés, ses maisons républicaines aux balcons ouverts, ses bâtiments style français avec toits à la Mansard, sa circulations, ses klaxons, etc.....
Arrêt à « la Plaza de Armas » où se trouve le Palais Présidentiel. A midi nous avons assisté à la relève de la garde : tout un cérémonial!
A « Barranco » avons déjeuné dans un resto. Un superbe buffet de toutes les spécialités péruviennes nous attendait. Un régal!
Nina 2 nous apprend que le Pérou est réputé pour sa cuisine, et je la crois.
A Miraflores, un beau quartier avec de beaux hôtels et beaucoup de Casinos, Julio nous dépose dans une rue aux nombreuses boutiques artisanales où nous faisons quelques emplettes, aidées par une très bonne négociatrice : Nina!
18h : Direction leur appartement à San Isidro. Superbe appart. de plus de 200m2 avec vue sur le golf et qui me faisait un peu penser à « El Cadore » à Caracas.
Je peux, enfin, enlever mes tennis (ah, l'odeur!!!) me désaltérer et vous écrire .
Vers 20h, Julio et Nina nous ramènent au port.
Parlons d'eux maintenant : leur accueil m'a donné chaud au cœur. Nina est une douce femme qui est fragile de santé. Julio est la gentillesse personnifiée et est plein d'attentions pour Nina; il semble avoir un caractère heureux mais Nina nous qu'il dit qu'il souffre beaucoup (elle aussi, j'en suis sûre) du désintéressement total de leur fils à leur égard. Il habite à 15 minutes de chez eux et ne vient jamais les voir.
Il faut dire qu'il s'est remarié et que visiblement la nouvelle belle fille ne fait rien pour arranger les choses; d'autant qu'ils sont restés en bons termes avec la 1ère.
Par chance Nina 2 est très présente à leur coté. Ils l'ont élevé dès l'âge de 7ans lorsqu'elle a perdu sa mère.
Elle a 55 ans et en paraît tout juste 40. 2 filles : Rafaela et Itala, dont l'une fait des études de vétérinaire et l'autre de commerce international.
En bref, nous avons passé une merveilleuse journée grâce à eux. Jamais, nous n'aurions pu voir autant de choses sans eux.
Sandra n'en revenait pas d'avoir été aussi bien accueillie bien que pas attendue. Julio croyait que nous étions de vieilles amies et a été surpris d'apprendre que nous ne nous connaissions que depuis quelques jours.
Journée * * * * * *
14 avril :
Il est 9h30 et nous sommes toujours au port. Les manœuvres sont très longues car le port n'est pas équipé des grues modernes de déchargement.
12h30 : nous quittons Callao.
15 avril :
Le couple de suisses commence à se dérider un peu. Eux aussi marchent bien à la bière....
Ils quitteront le bateau à Cartagena pour retourner en Suisse.
Ce matin, à la proue, vu le magnifique spectacle de centaines de dauphins bondissants et d'oiseaux.
Croyez moi, c'est mieux que la télévision!
16 avril :
2ème escale à Guayaquil. 12H30 nous descendons sous une chaleur intense et humide.
Le taxi nous dépose au pied du « barrio Las Peñas » avec l'idée de monter les + de 400 marches qui montent au « cerro Santa Ana ». Taratata! A la 200ème nous abdiquons à cause de la chaleur.
J'ai cru mourir! Nous nous réfugions dans une cafétéria avec clim. pour manger un morceau et après visite du musée archéologique où nous avons admiré de très belle pièces en poterie.
En sortant du « mercado artisaneo » un jeune passant, qui nous avait entendu parler français, nous aborde....en français. Visiblement très heureux de pouvoir parler notre langue car il avait vécu 7 ans en France. On ne pouvait plus l'arrêter!
Il nous indique un bon hôtel ( *****)/restaurant, le « Oro Verde » où nous allons avec l'idée de prendre un bon apéro, voire d'y manger.
En effet, l'entrée de l'hôtel est somptueuse, tout autant que le bar aux fauteuils en cuir dans lesquels nous nous écroulons; et nous dégustons un « mojito »bien frais, qui m'a rappelé celui que j'avais pris avec Nadège à Paris.
Sandra en profite pour faire quelques achats dans la boutique de l'hôtel qui avait de très belles choses.
Puis taxi jusqu'au « Mall del Sur » en direction du port, où nous voulions faire des achats alimentaires.
Il était 20h et comme il n'y avait pas de resto. nous nous sommes rabattues sur des « perros calientes »!
21h30 : retour au bateau.
Journée *** ( trop chaud )
19 avril :
Nous ancrons au large de Panama depuis 2h cette nuit. Ce matin nous passons 2 écluses, puis re-ancrage jusqu'à 19h. Dommage, nous allons traverser le lac Gatùn la nuit, et passer les dernières écluses vers minuit.
J'ai parlé longuement avec le pilote panaméen qui me vantait les beautés de Panama et de son pays qui semble attirer beaucoup d'étrangers. Il m'a confirmé qu'il y avait environs 300.000 vénézueliens venus s'installer ici pour « fuir » Chavés....!
21 avril :
Midi, nous descendons à quai à Cartagena. Enfin! Nous aurions pu descendre bien plus tôt, mais nous attendions l'immigration qui se faisait désirer.
Susann et Renato quittent définitivement le bateau pour retourner en Suisse dans 8 jours. Ils voulaient surtout faire la traversée du Canal de Panama. Manque de bol, nous l'avons traversé la nuit!
Je crois qu'ils sont prêts à refaire une tentative ultérieurement.
Déjeuner excellent, Sandra et moi, au Sofitel qui est un ancien monastère. Un cadre magnifique.
Susann et Renato viennent nous rejoindre pour une ballade dans la cité et restent avec nous en attendant notre taxi prévu à 17h15.
Bien leur en a pris, car le taxi les cherchait désespérément. En effet, l'agent portuaire, cet idiot, avait oublié de tamponner leur passeport, et sans ce tampon ils risquaient une très grosse amende, voire de rester bloqués en Colombie....!
Gros pataquès! Du coup, le taxi les a amenés au bureau de l'immigration, puis nous a déposé après au port où nous sommes arrivés avec ½ h de retard.
Sandra était fumax et traitait l'agent de tous les noms d'oiseaux!
Ici aussi, nous avons beaucoup souffert de la chaleur humide....
22 avril :
La chaleur d'hier, nous a littéralement lessivées.
J'ai passé ma matinée au lit entre lecture et dodo...Il faut dire, que de plus, la mer est un peu agitée à cause d'un vent fort et que la position « chaise longue » sur le bridge,n'est pas vraiment souhaitable...
Comme nous avons pris du retard hier à Cartagena ( partis à 1h du matin au lieu de 20h) et que le bateau est ralenti par le vent, il se peut que nous faisions l'impasse sur Les Everglades et que nous allions directement à N.Y.
Nous aurons la confirmation demain soir. Sandra serait ravie de cette rallonge imprévue.
Je commence à avoir la tête dans les valises. C'est signe qu'il est temps que je rentre....retrouver mes pénates...
23 avril :
2ème soirée « barbecue » de la traversée.
Le cochon de lait trône sur la table!
Je profite de l'occasion pour faire un petit discours, que Sandra m'a traduit en anglais, pour remercier l'équipage.
Ensuite, Sandra et moi, leur chantons « La vie en rose »! Applaudissements....
Et après, l'éternel karaoké et ses chansons sirupeuses.....qui, vous l'aurez compris, ne sont pas ma tasse de thé.
Pour la 1ère fois en 40 jours, André, le russe, m'a parlé! Exploit. Très gentil au demeurant.
A 22h je les abandonne car ma tête a sérieusement besoin d'un doliprane....! Pourtant j'ai très peu bu du vin Chilien que je soupçonne d'être un peu trafiqué....
24 avril :
Dernier jour avec Sandra qui débarque ce soir aux Everglades.
Elle voulait me faire faire une courte visite de sa ville mais NIET! L'immigration pas vouloir....
Je l'ai donc accompagnée au pied du bateau pour un dernier au-revoir.
25 avril :
J'erre comme une âme en peine. C'est vrai que la compagnie de Sandra était plaisante et que nous pouvions bavarder.
J'ai demandé à Seby, Bjorn et André si je pouvais manger à leur table pour ne pas être seule.
Ils ont accepté, mais comme ils mangent très vite, je me retrouve seule la plupart du temps!
Bof, plus qu'un jour et finito! Je mange mon avant-dernière « granadilla » avec délice.
Je déteste les fins de voyage. Maintenant je n'ai plus qu'une envie : être chez moi avec André...et Milord bien sûr!
26 avril :
Dernière journée à bord.
Ce matin je suis allée faire ma balade habituelle à la proue. La température rafraîchit.
La valise est bouclée.
15h : je voulais aller faire une dernière séance « chaise longue » mais le capitaine et Bjorn les ont monopolisées avec bièreSSSSSS et musique à fond. Très peu pour moi! Je suis donc repartie à la proue chercher le calme. NA!
Il est vraiment temps que je rentre chez moi.
27 avril :
8h : quai de New York.
Dès que j'ai le feu vert, je descend du bateau....et je poireaute ½ heure en attendant que quelqu'un de la sécurité vienne me chercher pour m'accompagner à l'entrée du port....où j'attends un taxi pour m'amener chez Jackie. 90$ la course!
Dans le taxi, j'entends un avion qui sembler survoler N.Y. très bas et je vois les passants inquiets.
En effet, c'était l'avion du Président qui prenait des photos de N.Y., suivi de 2 avions de chasse! Il paraît qu'il y a eu un vent de panique dans les gratte ciel.
Aux info. le gouvernement s'est excusé de ne pas avoir averti la population.
« Il se passe toujours quelque chose à N.Y........ »
A part ça, journée tranquille qui m'a permis de retrouver mes marques de terrienne.
28 avril :
A midi, je suis allée retrouver Denise et Moshe à l'université Columbia où nous avons déjeuné avant d'aller visiter le musée FRICK. L'exposition de tableaux ne m'a pas franchement emballée à part 2 de TURNER très lumineux.
Après nous avons traîné dans le quartier de l'av. Madisson. Que de belles boutiques de grandes marques. Pas pour mon porte-feuille!
29 avril :
12h : départ avec Denise pour aller visiter le Jardin Botanique du Bronx. Nous avons pris un train à la Gare Central qui est vraiment magnifique.
Après midi très agréable au milieu de ce parc bien entretenu, et fleuri. Les orchidées : une merveille!
Jackie fête ses 39 ans le 4 mai. J'ai demandé à Herman ce qui pourrait lui faire plaisir : un chapeau de plage!
30 avril : Dernier jour à N.Y.....
10h: je me dépêche de sortir pour aller acheter le chapeau. Je finis par trouver un magasin où il y a du choix afin qu'elle puisse le changer si ça ne lui convient pas.
11h: retour à l'appart. où, d'un commun accord avec Herman, je planque le paquet dans un placard et je termine de boucler mes affaires.
12h : Neris me prépare des « arepitas »que j'emporterai pour les manger plus tard.
13h30 : le taxi pour l'aéroport est là.
16h30 : nous décollons à l'heure. Certes le voyage ne sera pas aussi confortable qu'à l'aller. Dur, dur les voyages en classe économique!
1er mai :
Arrivée à Roissy à 6h pour un départ vers Pau à 8h40. J'ai tout le temps de me prendre un café et de fumer.
10h30 : Me voilà arrivée à destination. Ouf!
André est là....et Violaine aussi qui part à Strasbourg dans la ½h qui suit. Le hasard fait bien les choses.
N'oublions pas Milord qui semble content de me revoir.... »après une si longue absence! »
Voilà! « La parenthèse » est fermée.
Je n'en retiendrai que les belles images....et il y en a eu beaucoup, en faisant l'impasse sur les quelques « couacs » inévitables.
FIN